Une montre connectée qui affiche 190 battements par minute pendant que vous marchez vers la boulangerie n’est presque jamais en panne. Le capteur fait son travail, mais dans de mauvaises conditions : bracelet trop lâche, poignet agité, peau froide. Corriger ces trois points règle la majorité des mesures aberrantes.
Le capteur optique est un instrument délicat.
- Le capteur optique de la montre fonctionne correctement mais enregistre les mouvements du poignet et la cadence des foulées au lieu du pouls.
- Un bracelet trop lâche, le froid, les tatouages noirs et la transpiration sont les principaux responsables des mesures fausses.
- Positionner la montre deux doigts au-dessus de l’os du poignet, la resserrer pendant l’effort et nettoyer régulièrement le capteur fiabilisent la mesure.
Ce que votre montre mesure vraiment
Sous le boîtier, des LED vertes éclairent la peau des dizaines de fois par seconde. Le sang absorbe cette lumière, et comme le volume de sang dans les capillaires varie à chaque battement, la quantité de lumière renvoyée varie aussi. C’est un peu comme compter les vagues depuis un bateau en observant le reflet du soleil : si le bateau tangue, le comptage dérape. Un photodétecteur enregistre ces fluctuations et un algorithme en tire le pouls, selon une technique nommée photopléthysmographie.
La sangle thoracique, elle, lit l’activité électrique du cœur, à la manière d’un électrocardiogramme simplifié. Elle résiste bien mieux au fractionné et aux mouvements brusques, et c’est elle que les chercheurs prennent souvent comme point de comparaison sur le terrain.
Les causes d’une mesure fausse
Le premier coupable est le mouvement. En course, le capteur peut se verrouiller sur la cadence des foulées au lieu du pouls, et afficher 170 alors que le cœur bat à 150. Même phénomène en musculation ou à vélo, où la crispation des tendons du poignet déforme le signal.
Le froid ferme les vaisseaux périphériques : moins de sang au poignet, donc moins de signal exploitable. L’encre noire des tatouages absorbe la lumière verte et rend la mesure erratique, parfois impossible. Les peaux très pigmentées absorbent davantage de lumière, ce qui complique la tâche des capteurs, même si les fabricants ont retravaillé leurs algorithmes ces dernières années. Poils épais et transpiration, enfin, décollent par moments le capteur de la peau.
Comment fiabiliser la mesure
Un bracelet trop lâche suffit à fausser tout le reste.
Placez la montre environ deux doigts au-dessus de l’os du poignet, le capteur bien à plat contre la peau. Serrez d’un cran pendant l’effort, puis desserrez ensuite pour laisser la peau respirer. Pour les séances intenses, certains sportifs la remontent sur l’avant-bras, où les tendons bougent moins.
Nettoyez le dos du boîtier avec un chiffon doux légèrement humide, car sueur, crème solaire et poussière brouillent la lecture. Installez aussi les mises à jour : les fabricants corrigent régulièrement leurs algorithmes de suivi du pouls. Si un tatouage gêne, essayez l’autre poignet.
Pour savoir si votre montre déraille, comparez-la à une référence. Posez deux doigts sur l’artère du poignet, côté pouce, comptez les pulsations pendant 30 secondes, doublez le résultat et relevez l’affichage au même moment. Avec une sangle thoracique Bluetooth, la comparaison à l’effort devient possible. Refaites le test à trois moments, au repos, en marche rapide et en fractionné, pour repérer dans quelle situation la montre décroche.
À la piscine, l’eau qui s’infiltre entre la peau et le capteur dégrade le signal. Un brassard optique porté sur l’avant-bras ou le biceps se montre souvent plus stable qu’un capteur au poignet.
Ce que valent vraiment les chiffres
En 2017, des chercheurs de Stanford ont testé sept appareils portés au poignet.
Leur erreur moyenne sur la fréquence cardiaque restait sous 5 % pour tous les modèles, alors que l’estimation des calories dépensées s’écartait de 27 à 93 %. Le pouls est donc la donnée la plus fiable d’une montre, très loin devant les calories, mais surtout au repos et à allure régulière. Lors d’un changement brutal d’intensité, l’affichage accuse un retard de plusieurs secondes, le temps que l’algorithme lisse le signal.
Une valeur étrange qui revient sans effort, associée à des palpitations, un malaise ou un essoufflement, ne se règle pas en resserrant un bracelet : il faut consulter un médecin. Plusieurs montres proposent un électrocardiogramme à la demande ou une alerte de rythme irrégulier, mais ces fonctions signalent des anomalies sans remplacer un examen, et un tracé normal sur le poignet n’exclut rien.