Six mois d’autonomie complète sans jamais toucher à une pile. Le calibre solaire V192 de Seiko transforme radicalement l’approche énergétique des chronographes mécaniques traditionnels, en captant n’importe quelle source lumineuse pour alimenter ses fonctions chronométriques avancées. Une révolution silencieuse qui repositionne l’horlogerie japonaise face aux défis écologiques contemporains.
Cette technologie photovoltaïque miniaturisée convertit les photons en énergie électrique avec une efficacité remarquable. Contrairement aux cellules solaires classiques qui nécessitent un ensoleillement direct, le V192 exploite aussi bien la lumière artificielle d’un bureau que les rayons diffus d’une journée nuageuse. Résultat : même stockée dans un tiroir pendant deux semaines, la montre conserve suffisamment d’énergie pour redémarrer instantanément.
À retenir
- Pourquoi 6 mois sans lumière ne suffisent pas aux véritables testeurs de cette technologie ?
- Comment Seiko s’inspire des tableaux de bord analogiques pour séduire les collectionneurs modernes
- Quel rival historique de l’Eco-Drive pourrait être détrôné par cette stratégie tarifaire agressive ?
L’automobile rétro inspire l’horlogerie moderne

Seiko matérialise cette innovation dans trois nouvelles déclinaisons du Prospex Speedtimer, puisant directement dans l’esthétique automobile des années 1980-1990. Cadrans blanc nacré, rose poudré et vert menthe : des teintes qui rappellent immédiatement les tableaux de bord analogiques de cette époque dorée du sport automobile. L’inspiration ne s’arrête pas à la couleur — les index chromés et la typographie évoquent les compteurs Veglia ou Jaeger de l’époque, quand chaque aiguille avait sa fonction précise.
Cette nostalgie assumée répond à un phénomène plus large. Les collectionneurs redécouvrent les références automobiles historiques, des Porsche 911 Carrera aux BMW M3 E30. Seiko surfe intelligemment sur cette vague rétro-futuriste, proposant un objet contemporain aux codes visuels familiers. Le diamètre de 39 mm — ni trop imposant, ni trop discret — s’adapte parfaitement aux poignets actuels tout en conservant les proportions classiques des chronographes d’époque.
Technologie solaire contre obsolescence programmée

Au-delà de l’esthétique, le V192 représente une rupture technologique majeure. Fini les remplacements de pile tous les deux ans, terminées les pannes inopinées lors d’événements importants. La cellule photovoltaïque intégrée sous le cadran accumule l’énergie dans une micro-batterie rechargeable, capable d’alimenter toutes les fonctions chronographiques pendant six mois complets dans l’obscurité totale.
Cette autonomie exceptionnelle transforme l’usage quotidien. Plus besoin d’anticiper les maintenances ou de craindre l’arrêt brutal du mouvement. La montre devient un compagnon véritablement fiable, adapté aux modes de vie nomades contemporains. Une exposition de quelques heures à la lumière naturelle suffit pour plusieurs semaines d’utilisation intensive.
L’impact écologique n’est pas négligeable non plus. Chaque V192 évite le remplacement de dizaines de piles durant sa durée de vie, réduisant significativement les déchets électroniques. Seiko ne communique pas sur cet aspect environnemental — dommage, car l’argument pourrait séduire une clientèle sensibilisée aux enjeux durables.
Positionnement stratégique à 750 euros
Commercialisées à 750 euros, ces nouvelles Speedtimer se positionnent intelligemment sur le segment des chronographes accessible-premium. Un tarif qui reste abordable face aux références suisses équivalentes, tout en justifiant la technologie solaire avancée. Cette stratégie tarifaire permet à Seiko de démocratiser une innovation qui semblait réservée aux montres haut de gamme.
La concurrence directe vient plutôt des chronographes à quartz classiques de Tissot ou Certina, proposés dans des gammes similaires mais sans l’autonomie révolutionnaire du solaire. Citizen, pionnier historique de l’Eco-Drive, reste le rival le plus sérieux sur ce terrain technologique. Mais Seiko mise sur un design plus audacieux et des finitions soignées pour se différencier.
L’avenir appartient probablement à ces technologies hybrides, combinant l’efficacité énergétique du solaire avec la précision chronométrique moderne. Le V192 préfigure peut-être la prochaine génération d’instruments horlogers, où l’autonomie énergétique deviendra un critère d’achat aussi important que la précision ou l’esthétique. Une révolution douce mais déterminante pour l’horlogerie du XXIe siècle.