Je repoussais ce dépistage par peur : une avancée a tout changé

Le cancer colorectal, souvent perçu comme une maladie masculine, touche pourtant autant les femmes que les hommes. Chaque année en France, environ 47 500 nouveaux cas sont diagnostiqués, dont 21 370 chez les femmes. Malgré ces chiffres alarmants, le dépistage reste insuffisant, notamment chez les femmes, en raison de préjugés et de craintes persistantes. Pourtant, des avancées récentes dans les techniques de coloscopie pourraient bien changer la donne.

À retenir

  • Le cancer colorectal touche autant les femmes que les hommes, mais le dépistage reste faible.
  • Des avancées technologiques révolutionnent les méthodes, rendant le dépistage moins intimidant.
  • Une mobilisation est nécessaire pour lever les tabous et encourager la prévention féminine.

Un dépistage essentiel, mais sous-utilisé

Le cancer colorectal est le deuxième cancer le plus fréquent chez les femmes, après le cancer du sein. Il représente 11,3 % de l’ensemble des nouveaux cas de cancers féminins. Pourtant, le taux de participation au dépistage organisé reste faible. Entre 2022 et 2023, seulement 34,2 % des personnes éligibles (âgées de 50 à 74 ans) ont réalisé le test de dépistage, alors que le taux souhaitable au niveau européen est de 65 %. Les femmes ont un taux de participation légèrement plus élevé que les hommes, avec 35,7 % contre 33,2 % pour les hommes. Cependant, ces chiffres restent insuffisants pour une prévention efficace.

Plusieurs facteurs expliquent cette réticence. La peur du résultat, le manque de temps ou encore le sentiment de ne pas se sentir concerné sont des freins courants. De plus, le mode de recueil du test, qui implique un prélèvement de selles, peut être perçu comme gênant. Pourtant, ce dépistage, simple et pris en charge à 100 % par l’Assurance Maladie, permet de détecter la maladie avant tout symptôme et sauve des vies. Détecté à un stade précoce, ce cancer se guérit dans 9 cas sur 10.

Des avancées technologiques pour un dépistage plus confortable

Face à ces obstacles, la Société Française d’Endoscopie Digestive (SFED) met en avant les progrès récents de la coloscopie, visant à améliorer le confort et l’acceptabilité de l’examen. La coloscopie, qui permet d’examiner l’intérieur du côlon et du rectum, est un outil clé pour le dépistage et la prévention du cancer colorectal. Les innovations récentes incluent :

Société Française d’Endoscopie Digestive (SFED) - Photo officielle
  • Techniques moins invasives : L’introduction de la vidéocapsule endoscopique, une petite caméra ingérable, permet d’explorer le tube digestif sans intervention lourde. Cette méthode, bien que ne remplaçant pas totalement la coloscopie traditionnelle, offre une alternative pour certains patients.
  • Amélioration de la préparation : Les solutions de préparation colique ont été optimisées pour être mieux tolérées, réduisant ainsi l’inconfort souvent associé à cette étape préalable.
  • Utilisation de l’intelligence artificielle : L’intégration de l’IA dans l’analyse des images endoscopiques permet une détection plus précise et rapide des anomalies, augmentant ainsi l’efficacité de l’examen.

Ces avancées visent à rendre le dépistage plus accessible et moins intimidant, en particulier pour les femmes qui hésitent encore à franchir le pas.

Une mobilisation nécessaire pour la santé féminine

Dans le cadre de Mars Bleu, mois dédié à la sensibilisation au dépistage du cancer colorectal, la SFED insiste sur l’importance de déconstruire les idées reçues. Le cancer colorectal n’est pas une maladie exclusivement masculine. Les femmes sont tout autant concernées et doivent être informées des risques et des moyens de prévention disponibles.

Il est essentiel de rappeler que le dépistage est un acte de prévention majeur. En détectant tôt les lésions précancéreuses ou les cancers à un stade initial, les chances de guérison sont considérablement augmentées. De plus, les traitements sont souvent moins lourds et les séquelles réduites.

Vers une meilleure acceptation du dépistage

Pour améliorer le taux de participation au dépistage, plusieurs actions peuvent être envisagées :

  • Renforcer l’information : Mener des campagnes ciblées pour informer les femmes des risques et des bénéfices du dépistage.
  • Faciliter l’accès : Permettre la commande en ligne des kits de dépistage et leur réception à domicile, comme cela est déjà possible depuis 2022.
  • Former les professionnels de santé : Sensibiliser les médecins généralistes et les gynécologues pour qu’ils abordent systématiquement le sujet avec leurs patientes.

En somme, le dépistage du cancer colorectal est un enjeu majeur de santé publique qui concerne autant les femmes que les hommes. Les avancées technologiques récentes offrent des perspectives encourageantes pour améliorer l’acceptabilité et l’efficacité de ce dépistage. Il est temps de lever les tabous et de faire de la prévention une priorité pour toutes et tous.

Pour plus d’informations, vous pouvez consulter le site de la Société Française d’Endoscopie Digestive : https://www.sfed.org

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