Imaginez une forêt où chaque bruissement de feuille, chaque chant d’oiseau est capté, analysé et interprété en temps réel. Non, ce n’est pas de la science-fiction. En 2026, la France déploie l’intelligence artificielle (IA) pour surveiller et protéger sa biodiversité avec une précision inédite.
À retenir
- Imaginez une forêt où chaque bruit est analysé en temps réel par l’IA.
- Des satellites et algorithmes révolutionnent la surveillance des écosystèmes.
- Comment la France combine technologie et éthique pour une IA durable ?
Des oreilles numériques au cœur des forêts
Dans le cadre du projet Sonosylva, initié par le Muséum national d’histoire naturelle (MNHN) et l’Office français de la biodiversité (OFB), des microphones ont été installés dans 103 forêts françaises, y compris en Corse. Ces dispositifs enregistrent les sons toutes les 15 minutes sur une période de six mois, générant près d’un million de fichiers audio. L’objectif ? Évaluer la biodiversité et mesurer la pollution sonore d’origine humaine. Grâce à l’IA et à des indices acoustiques, ces enregistrements sont analysés pour identifier les espèces présentes et comprendre leurs interactions. Cette méthode non invasive permet également de détecter l’impact des nuisances sonores sur la faune. Par exemple, dans la forêt du Haut-Jura, 75 % des fichiers présentent un bruit d’avion, révélant une pollution sonore significative. ecouter la foret du gatinais au jura des micros pour mieux comprendre la biodiversite 6373294 3244
Des images satellites aux algorithmes prédictifs
L’IA ne se contente pas d’écouter. Elle observe aussi. En combinant des images satellites à haute résolution avec des algorithmes d’apprentissage automatique, les chercheurs peuvent désormais cartographier les habitats naturels, suivre l’évolution des écosystèmes et détecter les menaces potentielles, comme la déforestation ou l’urbanisation galopante. Cette approche permet une surveillance continue et à grande échelle, offrant aux décideurs des outils précieux pour orienter les politiques de conservation.
Des formations pour une IA éthique et efficace
Consciente des défis éthiques et techniques que pose l’utilisation de l’IA, la France investit également dans la formation des écologues. Le Centre de synthèse et d’analyse sur la biodiversité (Cesab) de la Fondation pour la recherche sur la biodiversité organise des sessions intitulées “L’IA pour les écologues : une boîte à outils”. Ces formations visent à doter les chercheurs des compétences nécessaires pour intégrer l’IA dans leurs travaux, tout en respectant les principes d’une IA frugale, c’est-à-dire sobre en ressources et respectueuse de l’environnement. frb cesab lia pour les ecologues une boite a outils 2026
Vers une IA durable et responsable
Lors du Sommet pour l’action sur l’intelligence artificielle en février 2025, la France a réaffirmé son engagement en faveur d’une IA écologiquement durable. Une coalition inédite a été annoncée, visant à accélérer la dynamique mondiale pour une IA respectueuse de l’environnement. Le Ministère de la Transition écologique, de la Biodiversité, de la Forêt, de la Mer et de la Pêche, en collaboration avec l’Afnor, a élaboré un référentiel général pour l’IA frugale, fournissant aux organismes une méthodologie d’évaluation de l’impact environnemental et des bonnes pratiques à adopter. intelligence artificielle durable
En somme, l’intelligence artificielle s’impose comme un allié de taille dans la préservation de la biodiversité française. En écoutant, observant et analysant, elle offre des perspectives inédites pour comprendre et protéger les écosystèmes. Reste à veiller à ce que cette technologie soit utilisée de manière éthique et durable, afin que la nature et la technologie avancent main dans la main vers un avenir plus harmonieux.