J’ai laissé mes 200 visuels générés avec Copilot dans l’historique de mon compte juste pour ne pas encombrer mon disque : en revenant les chercher un mois plus tard, j’ai compris ce que personne ne m’avait dit

Deux cents visuels générés en quelques semaines avec Copilot, zéro téléchargement sur le disque dur pour ne pas saturer le stockage local. Un mois plus tard, retour sur le compte pour récupérer le tout : c’est là que la mécanique réelle de l’historique Copilot se révèle, et elle n’a rien d’intuitif. Entre une politique de rétention qui varie selon la page officielle consultée et des miniatures qui restent visibles publiquement, la fameuse “sauvegarde gratuite dans le cloud” cache plusieurs pièges que peu d’utilisateurs anticipent.

À retenir

  • Microsoft affiche deux durées de rétention contradictoires sur ses pages officielles : 30 jours ou 18 mois ?
  • Les miniatures de vos créations restent accessibles publiquement pendant toute la période de conservation
  • L’export de données passe par des fichiers JSON bruts, pas par un simple bouton ‘télécharger tout’

Le pari risqué du “je télécharge plus tard”

L’idée paraît logique sur le papier : pourquoi encombrer son SSD avec des centaines de fichiers PNG quand Copilot garde une trace de tout dans l’onglet Créations ? Il suffit de se connecter sur la page Microsoft Designer pour retrouver ses générations précédentes, listées automatiquement. Il suffit de se connecter à la page Web Microsoft Designer avec son compte Microsoft, puis de cliquer sur l’onglet Créations où les créations précédentes apparaissent. Sur le papier, c’est un espace de stockage gratuit et illimité en apparence.

Mais ce raisonnement ignore une donnée essentielle que Microsoft affiche noir sur blanc dans sa documentation, mais que personne ne va lire avant de générer sa première image : ces fichiers ont une date de péremption. Les images générées ou téléchargées sur Copilot sont disponibles pendant 30 jours, ce qui inclut toutes les miniatures qui restent accessibles au public pendant la même durée. Passé ce délai, les images et les miniatures sont supprimées de notre système. Un mois d’attente, c’est donc jouer sa collection entière à pile ou face contre le calendrier de Microsoft.

Une durée de conservation qui change selon la page consultée

Le plus troublant, en creusant le sujet, c’est de tomber sur deux versions contradictoires de la même règle sur des pages officielles Microsoft. La page support la plus récente affiche un chiffre radicalement différent des 30 jours annoncés ailleurs : les images générées ou chargées sur Copilot sont disponibles pendant 18 mois, et après ce délai, les images sont supprimées de notre système. Dix-huit mois d’un côté, trente jours de l’autre, sur deux pages du même site Microsoft.

Cette incohérence n’est probablement pas anodine : elle traduit une politique en train d’évoluer, sans que la communication grand public ait été harmonisée partout. Pour quelqu’un qui a laissé 200 visuels dans son historique en misant sur une conservation longue, la différence n’est pas cosmétique : elle détermine si le retour “un mois plus tard” arrive juste avant la suppression ou avec une marge confortable de plus d’un an. Impossible de savoir avec certitude, au moment de générer une image, laquelle des deux règles s’applique réellement à son compte.

La vraie surprise : des miniatures visibles publiquement

Le point qui change tout dans la façon de considérer son historique Copilot, ce n’est pas tant la durée de rétention que sa nature. La documentation officielle précise que les vignettes générées ne restent pas cantonnées à un espace privé lié au compte : elles sont disponibles pendant 30 jours, incluant toutes les vignettes qui demeurent accessibles publiquement pour la même durée. pendant toute la période de rétention, ces miniatures peuvent être consultées en dehors du compte personnel, un détail que peu d’utilisateurs associent à un simple “historique de créations”.

Sur la question de l’exploitation de ces données, Microsoft se veut rassurant pour l’instant : Microsoft n’utilise pas d’images à des fins de formation ou d’utilisation secondaire, précise la firme. Mais la version la plus récente de la page support nuance légèrement ce discours, en indiquant que les images peuvent également être utilisées pour améliorer la sécurité et la fonctionnalité du produit, tout en rappelant qu’à tout moment, il est possible de refuser l’utilisation de son activité de conversation pour l’entraînement du modèle, y compris les images chargées. Deux formulations différentes, encore une fois, pour un même sujet sensible.

Reprendre la main sur son historique de créations

Il n’existe pas de bouton “tout exporter en un clic” dans l’interface Copilot elle-même, contrairement à ce qu’on pourrait espérer après avoir généré des centaines de visuels. Pour récupérer ses données de façon exhaustive, il faut passer par un autre canal : consulter et supprimer ses conversations depuis le tableau de bord de confidentialité Microsoft, l’export de l’historique Copilot étant disponible via le portail de confidentialité sous la section Télécharger vos données. Les fichiers récupérés arrivent d’ailleurs dans un format brut : les données sont fournies au format JSON dans une archive ZIP, ce qui suppose un minimum de manipulation avant de retrouver de vraies images exploitables plutôt qu’un fichier de métadonnées.

Autre nuance à connaître avant de miser sur cet historique comme solution de secours à long terme : la suppression volontaire d’une conversation ne rend pas systématiquement service à la vie privée aussi vite qu’on l’imagine. Pour l’historique de discussion classique côté Microsoft 365, une demande de suppression est envoyée à Microsoft et la suppression complète de l’historique d’activité peut prendre un certain temps. Ce délai de traitement, ajouté à l’incertitude sur la durée réelle de conservation des visuels, dessine un tableau bien différent du “cloud gratuit et sans contrainte” qu’on imagine en cochant l’option par défaut.

La leçon la plus concrète à tirer de cette mésaventure, c’est qu’un historique de générateur d’images n’a jamais été pensé comme un service de sauvegarde. Télécharger ses meilleurs visuels au fur et à mesure, sur un disque local ou un cloud personnel, reste le seul réflexe fiable face à des règles de rétention qui, on vient de le voir, ne sont même pas stabilisées dans la documentation officielle de l’éditeur.

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