Pour une maison avec une ou deux caméras, la microSD suffit. Au-delà de trois caméras filaires, un enregistreur NVR devient plus logique, et le NAS ne se justifie que si vous en avez déjà un. Entre les deux, la base de stockage sert surtout aux modèles à batterie.
Le « sans abonnement » des emballages ne couvre pas toujours tout. Chez certaines marques pensées pour le cloud, la détection de personnes, de véhicules ou de colis reste payante, même quand les vidéos sont stockées chez vous. Vérifiez que l’analyse tourne bien dans la caméra elle-même.
- Une microSD de 128 Go tient environ trois jours d’enregistrement continu en 2K.
- Un disque de 2 To stocke 46 jours pour une seule caméra enregistrant en continu.
- Les bases de stockage protègent les images du vol de la caméra elle-même.
- Un NAS avec disques consomme environ 65 € d’électricité par an à 30 W.
La microSD, simple mais vite limitée
La carte se glisse dans la caméra, qui enregistre en boucle et écrase les séquences les plus anciennes. Aucune configuration, aucun boîtier supplémentaire, et l’enregistrement continue si la box internet tombe. La plupart des modèles d’extérieur acceptent de 128 à 256 Go, quelques-uns 512 Go.
Reste à savoir ce que ces gigaoctets représentent. Une caméra 2K qui enregistre en continu produit environ 4 Mbit/s, soit près de 43 Go par jour. Une carte de 128 Go tient donc trois jours à ce régime. En n’enregistrant que sur détection de mouvement, ce délai passe à plusieurs semaines, selon l’agitation du jardin ou de la rue.
Le vol de la caméra emporte aussi les images.
L’autre faiblesse tient à l’usure. Une carte grand public supporte mal les réécritures permanentes et peut lâcher en quelques mois. Les cartes « High Endurance », conçues pour les dashcams et la vidéosurveillance, annoncent plusieurs milliers d’heures d’enregistrement.
La base de stockage, l’alliée des caméras sans fil
La base se branche en Ethernet sur votre routeur, et les caméras lui envoient leurs vidéos par radio ou en Wi-Fi. Les enregistrements vivent à l’intérieur, à l’abri d’un cambrioleur qui arracherait la caméra. Les modèles à batterie, eux, restent en veille pour économiser l’énergie, se réveillent au mouvement et transmettent un clip. Eufy, Reolink ou TP-Link proposent tous ce type de duo caméra et base.
Le revers, c’est l’enfermement dans un écosystème. La mémoire interne de ces bases reste souvent modeste, quelques dizaines de gigaoctets, et seules certaines acceptent une carte ou un disque en extension.
Ces caméras n’enregistrent pas en continu mais par clips de quelques dizaines de secondes après chaque détection. Face à une route passante, les déclenchements s’enchaînent et la batterie peut fondre en quelques semaines au lieu de plusieurs mois. Le soleil et le froid pèsent aussi sur l’autonomie annoncée.
NVR et NAS : l’enregistrement qui ne dort jamais
Le NVR est un boîtier avec un ou plusieurs disques durs, relié à des caméras PoE. Un seul câble Ethernet apporte l’alimentation et transporte la vidéo, jusqu’à 100 mètres.
Un disque de 2 To tient 46 jours pour une seule caméra.
Avec quatre caméras en continu à 4 Mbit/s, la même capacité descend à environ 11 jours, ce qui reste suffisant pour revoir un incident repéré avec un peu de retard. Choisissez un disque estampillé surveillance (les gammes WD Purple ou Seagate SkyHawk, par exemple), dimensionné pour écrire 24 h sur 24. Un disque de bureau ordinaire n’est pas prévu pour ce régime.
Le NAS joue le même rôle avec plus de souplesse, à condition que les caméras parlent ONVIF ou RTSP, deux protocoles standards d’échange vidéo. Synology (Surveillance Station) et QNAP proposent leur logiciel d’enregistrement, mais le nombre de caméras gratuites est plafonné, et chaque licence supplémentaire se paie. Les bricoleurs se tournent vers Frigate, un logiciel libre qui fait la détection de personnes en local sur un mini-PC.
Un NAS avec disques consomme quelques dizaines de watts en permanence. À 30 W, cela fait environ 263 kWh par an, soit autour de 65 € à 0,25 € le kWh.
Que choisir selon votre maison
Un pavillon avec une caméra sur la porte d’entrée et une sur le garage s’accommode d’une microSD d’endurance, avec enregistrement sur mouvement. Si le câblage est impossible et que les caméras fonctionnent sur batterie, la base s’impose. À partir de trois ou quatre points de surveillance, tirer des câbles PoE vers un NVR donne le système le plus stable.
Acheter un NAS uniquement pour les caméras est rarement rentable.
Le stockage local ne protège pas du piratage pour autant. Changez le mot de passe par défaut, mettez le firmware à jour et n’ouvrez jamais de port sur votre routeur pour consulter les images à distance. Passez plutôt par un VPN, comme WireGuard, que de nombreux routeurs savent désormais héberger. Les caméras exposées directement sur internet sont répertoriées par des moteurs de recherche spécialisés comme Shodan.
Dernier point, légal celui-ci : le champ de vision ne doit pas déborder sur la voie publique ni chez le voisin, et la CNIL recommande de ne pas conserver les images plus d’un mois.